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Formation Sportive

Je l’ai dĂ©jĂ  rĂ©pĂ©tĂ© dans plusieurs vidĂ©os et podcasts : un bon environnement d’entraĂźnement peut ĂȘtre plus important qu’un bon programme voire mĂȘme qu’un bon coach ! Des coĂ©quipiers fiables, motivĂ©s, motivants, disciplinĂ©s et sĂ©rieux sont la clĂ© pour devenir le meilleur haltĂ©rophile possible (et ceci est valable dans tous les autres sports).

 Avec une bonne Ă©quipe de partenaires d’entrainement, vous pourrez tous les jours avoir du soutien et un esprit de compĂ©tition pour vous pousser dans votre pratique. Si certains de vos coĂ©quipiers ont plus d’expĂ©rience que vous en haltĂ©rophilie, ou tout simplement de bonnes connaissances du sport ; s’entraĂźner avec eux vous donnera par la mĂȘme occasion la possibilitĂ© d’ĂȘtre coachĂ© et d’en apprendre un peu plus chaque sĂ©ance !

 

L’IMPUISSANCE APPRISE

 

Beaucoup d’athlĂštes connaissent le concept d’effet Bannister (ou « impuissance apprise ») : La mĂ©decine et la science disaient qu’il Ă©tait impossible pour un ĂȘtre humain de courir le mile (1600m) en moins de 4 minutes. Cette affirmation semblait correcte pendant des dĂ©cennies, et personne ne pensait pouvoir le faire. Le jour oĂč l’athlĂšte parvint Ă  passer sous la barre des 4 minutes marqua le dĂ©but d’une nouvelle Ăšre : un grand nombre de coureurs (qui n’étaient plus bridĂ©s par la pensĂ©e que c’était impossible) se mirent eux aussi Ă  courir le mile en moins de 4 minutes.

A plus petite Ă©chelle et dans une salle de sport, il est Ă©vident que le fait de pratiquer avec des athlĂštes d’un bon niveau aura un impact sur vous. Vous les cĂŽtoyez, vous les connaissez et vous les voyez s’entraĂźner ; si ils arrivent tous Ă  faire certaines performances, elles vous paraĂźtront beaucoup moins inatteignables. Le mental peut ĂȘtre un frein pour beaucoup d’athlĂštes, et s’inspirer de ses camarades d’entraĂźnement un moyen pour outrepasser ce frein.

 

Observation de mouvement d'haltérophilie par les coachs

SOYEZ VOUS-MËME UN BON CO-EQUIPIER

 

Un bon groupe d’entrainement EST ce qui va vous permettre de devenir le meilleur athlĂšte possible. Mais avant de trouver de bons coĂ©quipiers, il faut savoir en ĂȘtre un soi-mĂȘme. Je ne compte plus le nombre d’athlĂštes que j’ai pu avoir Ă  Powercamp et qui, aprĂšs avoir quittĂ© la salle, expliquent maintenant une stagnation ou une rĂ©gression au simple fait de s’entraĂźner seul ou simplement avec des coĂ©quipiers moins motivants. Quel meilleur boost que de faire une sĂ©ance de max avec 4 athlĂštes d’un niveau Ă  peu prĂšs Ă©quivalent, de la mĂȘme catĂ©gorie de poids et une camĂ©ra qui va immortaliser les performances du jour ?

J’ai nĂ©anmoins pu faire face Ă  de mauvaises attitudes de la part de certains athlĂštes, pour qui la compĂ©tition Ă  l’entrainement devenait malsaine. Ils voyaient d’un mauvais Ɠil la progression de leurs partenaires, ne savaient pas faire la part des choses entre une mauvaise sĂ©ance / mauvaise pĂ©riode et une rĂ©elle rĂ©gression. Le stress Ă©motionnel qu’impliquait la progression de certains et leur stagnation provisoire provoquant un cercle vicieux : angoissĂ©s par leurs sĂ©ances, stressĂ©s par leur stagnation et envieux des autres athlĂštes. Sans aucun doute, ces athlĂštes sont ceux avec la progression la moins importante.

 

Coéquipiers

Comment devenir un bon partenaire d’entrainement ?

 

  • Tout d’abord, entraĂźnez-vous en Ă©quipe. PrĂ©voyez Ă  l’avance un horaire d’entrainement, et faites votre session Ă  plusieurs. Ne soyez pas en retard, n’annulez pas au dernier moment : montrez que vous accordez de l’importance Ă  l’entrainement et en faite une prioritĂ©. A part lors du passage sur la barre, les Ă©couteurs ou autres moyens pour s’isoler sont dĂ©conseillĂ©s si vous souhaitez vous entraĂźner en Ă©quipe.

 

  • Soutenez vos co-Ă©quipiers : que ce soit en parant un squat ou en chargeant leur barre si ils se concentrent sur une tentative lourde et que vous ĂȘtes de votre cĂŽtĂ© sur des sĂ©ries / exercices plus faciles. Le plus important : soutenez-les psychologiquement. Des encouragements peuvent changer la donne sur un lift.

 

  • Partagez rĂ©ellement des sĂ©ances. Si vous vous entrainez ensemble mais avec des programmes totalement diffĂ©rents, il est plus dur de se soutenir. MĂȘme si l’individualisation d’un programme est importante, il peut ĂȘtre une bonne idĂ©e de faire en sorte de garder des sĂ©ances / exercices / formats sĂ©ries-reps en commun avec les autres afin de pouvoir faire l’entrainement ensemble. A Powercamp, le Lundi, c’est arrachĂ© et squat nuque pour TOUT LE MONDE. Le Mercredi, Ă©paulĂ© et squat clavicules. Le Samedi, des % relativement Ă©levĂ©s sur les deux mouvements (pour ceux sur la prog de la salle, mais aussi pour les quelques-uns pour qui je planifie de maniĂšre personnalisĂ©e).

 

  • GĂ©rez vos Ă©motions. Il est normal d’ĂȘtre frustrĂ© sur une mauvaise sĂ©ance d’haltĂ©rophilie ou simplement parce que vous venez de rater une barre bĂȘtement. Essayez d’intĂ©rioriser au maximum. Vos co-Ă©quipiers ne voudront plus s’entraĂźner avec vous si vous ĂȘtes un dĂ©pressif/Ă©nervĂ© de l’entrainement et laissez chaque mauvaise sĂ©ance / tentative vous atteindre comme si c’était la fin du monde. L’athlĂšte qui tire la gueule pendant 2h chaque jour ne donne pas envie aux autres d’aller vers lui. De la mĂȘme façon, vous devez savoir quand l’entrainement est terminĂ©. Le stress psychologique est un facteur extrĂȘmement important dans la contre-performance. Une fois la sĂ©ance finie, sachez passer Ă  autre chose et ne ruminez pas pendant le reste de la journĂ©e. Les athlĂštes qui prennent leur sac, s’en vont sans saluer leurs camarades aprĂšs l’entrainement ne seront vite plus les bienvenus dans les groupes de training.

 

  • A l’inverse, sachez diffĂ©rencier l’heure de la rigolade et les moments oĂč tout le monde a besoin de concentration. Vous n’avez pas besoin de sociabiliser entre chaque sĂ©rie : vous dĂ©concentrez les autres athlĂštes et vous vous dĂ©concentrez aussi. Les temps de rĂ©cupĂ©ration font partie de l’entrainement. Ils permettent de se reconcentrer pour la sĂ©rie suivante, et de rĂ©flĂ©chir / analyser le mouvement qui vient d’ĂȘtre exĂ©cutĂ©. Entre deux sĂ©ries Ă  90% Ă  l’arrachĂ©, on ne discute pas de la pluie et du beau temps. Entre deux sĂ©ries d’abdominaux en fin de sĂ©ance, vous pouvez ĂȘtre un peu moins sĂ©rieux !

 

  • Partagez votre savoir. Surtout si vous ĂȘtes plus expĂ©rimentĂ© en haltĂ©rophilie que les autres. Si il n’y a pas dĂ©jĂ  un coach disponible, jetez un Ɠil au mouvement des autres athlĂštes tant que ça ne perturbe pas votre propre sĂ©ance et offrez leur quelques conseils. On a pas besoin de corrections entre chaque passage. Si un autre haltero vous fait remarquer que vous sautez en avant, vous vous concentrez dessus jusqu’à la fin de la sĂ©ance, et vous n’avez pas besoin qu’il regarde chacune de vos sĂ©ries pour vous confirmer que vous le faites moins.

 

  • Partagez autre chose que l’entrainement avec vos co-Ă©quipiers. Pas forcĂ©ment des sorties, des soirĂ©es ou autre. Mais venez un peu avant votre entrainement et restez quelques temps aprĂšs la sĂ©ance afin de les cĂŽtoyer autrement que pendant l’entrainement. Vous partagez la mĂȘme passion pour laquelle vous consacrez des dizaines d’heures par mois : vous avez beaucoup de points communs.

 

MĂȘme si l’haltĂ©rophilie est un sport individuel, vous irez plus loin bien entourĂ©. Trouvez une salle et un groupe d’entrainement oĂč l’ambiance vous permettra de devenir la meilleure version de vous-mĂȘme – et prenez du plaisir en le faisant.

 

Louis Le Guennec

Head coach à 

POWERCAMP

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