Championnats de France d’haltérophilie : une organisation mouvementée

par | Oct 26, 2021 | Non classé | 2 commentaires

C’est le constat que nous pouvons faire après avoir assisté aux championnats de France d’haltérophilie 2021. Dans cet article, nous faisons remonter les échos que nous avons sur place en discutant et ceux obtenus via notre story IG demandant des avis sur le weekend. Bien entendu, nous mettons également en avant notre point de vue et nos idées sur le sujet étant donné que nous étions sur place le samedi et le dimanche.

 

Disclaimer : le but de cet article est de faire avancer l’haltérophilie française, non d’entacher l’énorme travail réalisé par les bénévoles ou la fédération pour la préparation et la gestion de cet évènement. Les bénévoles ont été super et sans eux, ce week-end n’aurait pas existé. D’ailleurs les fameux impondérables qui nous ont fait râler, ce sont eux qui ont dû les gérer sous pression et un grand merci à eux pour cela.

Toutefois, sans blâmer, nous pouvons et devons soulever les problèmes et les doutes que nous avons : c’est le but de cet article.

 

ISTRES HALTÉROPHILIE 

 

Cette année, le club d’haltérophilie d’Istres (Bouche-du-Rhones) était l’hôte des championnats de France. 

En termes de disposition, il n’y a rien à redire : la scène était belle, suffisamment proche de la salle d’échauffement, malgré les gros plateaux, la salle d’échauffements était adaptée (matos et place).

À part peut-être les escaliers pour accéder à la buvette qui créaient des embouteillages (c’est un détail), la disposition était au top. Un très beau cadre pour une compétition d’haltérophilie.

Salle d’échauffement

Salle d'échauffement

LE CALENDRIER / HORAIRES

Planning des championnats de France d'haltérophilie 2021.

7 plateaux femmes : un U15, un U17 et 5 mélanges U20 et seniors 

4 plateaux hommes : un U15 et U17, et 3 mélanges U20 et seniors 

La première chose un peu étrange : cérémonie d’ouverture au 2/3 de la compétition (samedi 18h)… Le but d’une cérémonie d’ouverture est, à nos yeux, de lancer la compétition, non de faire des remerciements à l’heure à laquelle il y aura le plus de monde. 

Donc, selon nous, réaliser une cérémonie d’ouverture avant les premiers plateaux et les remerciements après le dernier plateau serait suffisant, logique et adapté.

D’autant plus qu’au final, le hasard a fait que la cérémonie est tombée au moment où la compétition avait le plus de retard. Ça a donc agacé les athlètes et les coachs plutôt que de lancer la compétition. Et c’est compréhensible, regarder la classe de BP danser sur les plateaux alors que tu sais que tu vas devoir faire ta compétition à 22h, bon … 

L’idée d’une animation pour lancer la compétition est honorable et peut être réellement géniale si bien menée. Mais elle doit être réalisée au début de la compétition pour être appréciée en tant que telle. Une fois la compétition lancée, le public, les coachs et les athlètes n’ont plus réellement la tête à cela.

Encore une fois, il s’agit de notre avis et nos propositions en fonction des retours que nous avons eu.

 

LE NOMBRE D’ATHLÈTES SUR LES PLATEAUX 

 

Regarder les feuilles de match des championnats de France illustre parfaitement les problèmes actuels des minimas français.

7 plateaux de filles remplis à ras la gueule. 4 plateaux mecs avec des catés à 1 ou 2 athlètes …

21 : c’est le nombre d’athlètes présentes sur le plateau des femmes -71 kg et plus du samedi soir.

18 : c’est la limite du nombre d’athlètes par plateau selon le règlement. Quel intérêt d’écrire un règlement, si on ne l’applique pas soi-même ? 

Sans parler du règlement : plus d’une heure. C’est l’écart approximatif entre le passage d’un athlète à l’arraché et à l’épaulé jeté sur ce plateau. 

Le tout à 22h : on comprend le nombre d’échecs faramineux en fin de plateau, remonter nerveusement après 1 heure d’attente et à une horaire à laquelle on se couche habituellement, ce n’est pas à la portée de tout le monde.

Les France, c’est la compétition de l’année pour la plupart des athlètes présents. Il est compréhensible de râler quand on doit concourir dans de telles circonstances.

 

CHANGER LES MINIMAS D’HALTEROPHILIE 

 

Les minimas sont le premier levier à nos yeux pour améliorer les conditions de compétition et augmenter l’intérêt de ces dernières.

En revoyant la réglementation autour des minimas, on pourrait avoir des plateaux plus courts et avec toutes les catégories représentées de manière quasi-homogène.

On pourrait par exemple descendre les minimas nationaux pour les rendre accessibles et sélectionner les 8, 10 ou 12 athlètes ayant réalisé les minimas avec le meilleur total.

Ça éviterait d’avoir des catégories avec plus de quinze athlètes comme ça éviterait d’avoir des athlètes seuls dans leur caté.

C’est une proposition, il est possible d’imaginer d’autres systèmes pour obtenir le même résultat et rafraichir un peu les compets’ d’haltérophilie.

 

SÉPARATION JUNIOR/SENIOR ?

 

Pourquoi ne pas faire des championnats de France d’haltérophilie séparés entre les juniors et les seniors ? Les masters ont déjà leurs championnats. 

Sans les juniors, l’ensemble des plateaux seraient rentrés entre le samedi et le dimanche. Et les plateaux seniors n’auraient pas été gonflés par des U20. 

La cérémonie d’ouverture aurait donc pu avoir lieu à l’ouverture le samedi avec du monde et non le vendredi avec seulement les juniors dans le cas où elle serait réellement à l’ouverture.

Bien entendu, chaque année, il faudrait donc trois clubs hôtes et trois dates. 

Mais, à moins de faire la compétition sur 2 plateaux en parallèle (ce qui n’est pas idéal pour le spectacle à mon avis), je ne vois pas comment avoir une compétition sur 2 jours qui ne soit pas épuisante pour les halterophiles, les coachs et les spectateurs.

Si nous voulons faire venir du monde pour assister aux compétitions, il faut qu’elles soient plaisantes, bien organisées et pas à rallonge. De plus, les U20 qui feraient les minimas séniors pourraient avoir une échéance de plus dans le calendrier.

 

LE LOGICIEL 

 

L’aire de l’excel est révolue et c’est une bonne chose… si la nouvelle solution marchait.

Le nouveau logiciel qui avait causé tant de maux de tête lors du championnat master a refait des siennes. 

20 minutes : c’est la pause qu’a eu l’haltérophile Manon Debaud entre son deuxième et son troisième essai à l’épaulé-jeté. 

Un problème technique avait paralysé la feuille de match et coupé le son de la salle d’échauffement, la suite du plateau s’est déroulée sans chrono.

Et ce n’est rien comparé au vendredi, ou le logiciel a bien plus compliqué le déroulement des plateaux jeunes. Nous n’étions pas là pour le voir donc nous ne détaillerons pas. Nous avons toutefois eu des retours relativement virulents sur le déroulé du vendredi.

 

Bref, dans l’idée, je suis pour le changement vers le mieux. Et c’est normal qu’il y ait des petits couacs après de telles évolutions. Il faut le temps que les bénévoles et la fédé prennent en main le logiciel etc.

Mais quelle idée de changer de logiciel pour les championnats de France ? Que ce soit master, junior ou senior. 

La bonne solution à nos yeux aurait été d’essayer le logiciel en premier sur des compétitions mineures, avec moins d’athlètes et de plateaux pour apprendre à s’en servir. 

Mais bon, ce problème devrait se régler tout seul étant donné qu’il y a maintenant 8 mois pour apprendre à dompter la bête.

 

LA BUVETTE

 

Contrairement à certains évènements, la buvette était rondement tenue. Il n’y a pas eu à ma connaissance d’attentes qui aient excédé les 2 ou 3 minutes. Il y avait suffisamment de bénévoles, ils savaient ce qu’ils faisaient, étaient aimables et efficaces.

Il y avait une marque de repas sains pour sportifs et c’est un bon point. Mais malheureusement, le reste de la buvette était composé de sandwichs maison (avec la spécialité du chef : sandwich beurre – fromage), de goûtés hyper sucrés et de sodas. 

Des fruits, des milkshakes, des barres de céréales, des pancakes, des énergy balls, pourquoi pas même éventuellement des shakers ou des encas protéinés : c’est ce que nous voulons voir lors des compétitions.

Bref, le partenariat avec la marque de nourriture fit est un bon point mais nous voulons tout de même une buvette plus adaptée pour un évènement sportif.

Bien entendu, il est compréhensible de garder un rayon mars/madeleines et sodas pour les irréductibles et les visiteurs. Mais ça ne doit plus être la majeure partie des denrées de la buvette selon nous.

 

LA TOMBOLA A 15€

 

C’est un détail mineur, mais il m’a marqué. Le principe de la tombola est de demander à beaucoup de gens un petit quelque chose avec l’espoir de gagner un gros quelque chose. 

Ici, la tombola coûtait 15€  ce qui est très élevé comme prix pour une tombola. 

Sachant que le seul gros lot à gagner était une barre homme. Pourquoi une femme paierait si cher pour une tombola ou le seul gros cadeau ne lui est pas destiné. 

Organiser de tels événements est intéressant pour l’animation du weekend et également pour les partenariats évidemment, mais plus de monde serait intéressé en restant dans la plage [2-6€] à notre avis.

 

ATTENTION

 

Pour avoir organisé une petite compétition d’haltérophilie cet été, nous le savons : la gestion d’un événement sportif est un art difficile. D’autant plus quand l’évènement a été organisé pour clôturer une saison totalement perturbée par notre ami le covid 19.

Il faut donc remettre le tout dans le contexte et comprendre la difficulté de la tâche effectuée.

Toutefois, je pense qu’il y a beaucoup de leçons à tirer de ce weekend afin d’assurer une édition mémorable à Figeac l’été prochain.

 

CONCLUSION 

 

Cet article peut paraître amer et uniquement là pour critiquer le travail réalisé. 

Bien au contraire, j’ai tout de même passé un excellent week-end, j’ai pu rencontrer et échanger avec de superbes personnes que ce soit des haltérophiles, des coachs ou des bénévoles. Mais, j’aime mon sport et je veux le voir évoluer pour qu’il vive ses meilleurs jours. 

De la même manière qu’un coach doit parfois engueuler son athlète pour le faire progresser, je pense qu’il faut dire les choses quand une situation ne nous convient pas.

Je le répète une nouvelle fois : prenez soin des bénévoles et passionnés qui aident lors de ces événements, sans eux notre sport ne serait pas. Encore merci à Istres pour l’accueil et le travail réalisé.

En espérant que notre retour fasse écho, bonne journée.

Clément SEMIROT

athlète à

POWERCAMP

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