À première vue, l’haltérophilie paraît être un sport extrêmement simple. Lors des compétitions, il faut soulever le plus lourd possible sur les deux mouvements officiels : l’arraché et l’épaulé jeté.

Mais, si vous commencez ce sport avec quelques amis, vous serez vite confrontés à un problème. 

Qui est le meilleur haltérophile ? 

Pierre, pesant 70 kg et ayant réalisé un total de 180kg ou Paul pesant 80kg et ayant réalisé un total de 200kg ?

Toute réponse rapide à cette question sera subjective. Certains seront plus impressionnés par Naim Süleymanoğlu (60kg) qui réalise 335 de total, d’autres par Lascha Talachadse (180kg) avec un total de 490 kg.

C’est évident qu’un athlète pesant plus lourd puisse soulever plus lourd également. Pourtant, il est beaucoup plus difficile de quantifier “combien plus lourd” l’athlète devrait pouvoir soulever en fonction de son surplus en poids comparé à un autre athlète. C’est ce problème qui rend si compliquée la comparaison des performances en haltérophilie.

 

Pour ceux qui veulent seulement calculer leur Sinclair :

Vous pouvez entrer votre poids et votre total ci-dessous pour avoir votre score :

En pesant plus lourd, combien un athlète peut-il ajouter sur son total ?

C’est la question que s’est posé le docteur Roy Sinclair en 1978.

Avant que le score Sinclair ne soit reconnu, d’autres méthodes existaient pour discriminer les performances des différents athlètes. En France par exemple, on soustrayait deux fois le poids de corps de l’athlète à son total pour obtenir son score. Toutefois, le score Sinclair a fait ses preuves et a été reconnu par la Fédération Internationale d’Haltérophilie (IWF).

 

Concrètement, comment calcule-t-on le score Sinclair ?

Pour obtenir son score, il faut multiplier son total (la somme arraché épaulé-jeté) avec les coefficients Sinclair. Chaque poids de corps à son coefficient adapté, qui, une fois multiplié par le total donne le score Sinclair. 

Pour trouver les coefficients en question, le docteur Roy Sinclair a mené des études statistiques. Les statistiques reposent sur la population d’athlètes mondiale. Comme cette dernière évolue, les coefficients sont révisés tous les quatre ans et sont valables durant une période Olympique.

En mathématiques, un coefficient est simplement un nombre constant utilisé pour multiplier une variable. En haltérophilie, dans le cas du Sinclair, la variable est le total de l’athlète.

Pour ceux qui veulent calculer leur Sinclair avec un excel :

Calcul homme : =Total*(10^(0.751945030*((LOG10(PDC/175.508))^2)))

Calcul femme  : =Total*(10^(0.783497476*((LOG10(PDC/153.655))^2)))

La formule est la même pour les deux sexes, seuls les coefficients changent pour être adaptés à la population de femmes et d’hommes.

Quand utilise-t-on le score Sinclair en haltérophilie ?

Et bien en fait, pas si souvent. Lors des compétitions, les athlètes concourent dans des catégories de poids. Le meilleur sera donc l’athlète avec le plus gros total de sa catégorie de poids. Peu importe qu’un athlète plus léger ait fait presque aussi bien.

Les catégories de poids actuelles sont les suivantes :

Hommes : 55 – 61 – 67 – 73 – 81 – 89 – 96 – 102 – 109 – + de 109 (en kg)

Femmes : 45 – 49 – 55 – 59 – 64 – 71 – 76 – 81 – 87 – + de 87 (en kg)

À noter : les catégories de poids risquent d’être révisées très bientot. Le CIO à diminué le nombre d’haltérophiles autorisés aux JO de Paris. L’IWF risque donc de changer le nombre et la répartition des catégories de poids pour homogénéiser la population d’haltérophiles présente à Paris.

Finalement, qu’est ce qu’un bon score Sinclair ?

C’est une question à laquelle il est difficile de répondre. En France, pour un homme, 300 de Sinclair en compétition représente un classement d’environ 100 ème Français. À partir de 350, on peut dire que vous faites partie des meilleurs Français. 

Mais ce n’est pas réellement un bon score Sinclair, en France, nous avons une très petite population d’haltérophiles et nous n’avons pas un bon niveau national.

Toutefois, 350 ne représente pas un bon Sinclair pour un haltérophile qui voudrait être professionnel.

Pour les femmes, à partir de 200 de Sinclair, on peut considérer avoir un bon niveau national.

Attention, ici, on parle de bon Sinclair dans la population d’haltérophiles chevronnés qui voudrait performer au plus haut niveau possible.

Un Sinclair entre 250 et 300 pour un crossfiteur, par exemple, est déjà un très bon Sinclair qui lui permettra de faire des compétitions de crossfit sans soucis.

Pour clore cet article, allez donc jeter un coup d’oeil à la classification faite par Grev Everett de Catalyst Athletics. Il y explique sa vision sur les niveau des athlètes en fonction de leur poids de corps et de leur total.

 

Rendez-vous ici !

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