Haltérophilie : les types d’athlètes !

par | Nov 5, 2021 | Conseils pour l'haltérophilie, Pour un mental à toute épreuve ! | 0 commentaires

Si la théorie de l’entraînement est la même pour tout le monde et que votre coach utilisera cette théorie et ses différents processus pour vous concocter un programme adapté, tous les athlètes ne réagiront pas de la même manière aux différents blocs d’un cycle d’entraînement.

Dans cet article, nous vous partageons comment Dane Miller, le coach américain de Garage Strength, classe les athlètes en fonction de leur comportement. 

Pourquoi trouve-t-on intéressant de partager cela ? 

Si vous êtes un coach, cela vous permettra de mieux cerner vos athlètes et donc d’éventuellement améliorer votre suivi. Et, en tant qu’athlètes, vous pourrez savoir à quelle(s) catégorie(s) vous appartenez et donc savoir à quoi vous devez faire attention. J’ai bien mis des (s) pour signifier que, selon moi, un athlète peut très bien être un mélange des catégories dont nous allons parler. À l’inverse, certains d’entre vous correspondront parfaitement à l’une des catégories.

 

L’athlète Zen selon Dane Miller

 

Il s’agit ici d’athlètes relativement impassibles face à l’entraînement. Ces athlètes ne communiqueront pas particulièrement de joie ou d’émotion négative à la salle. Ils viennent essentiellement pour s’entraîner et prennent l’entraînement au sérieux. Ils progressent de manière continue et font rarement de gros progrès de manière soudaine, car ils essaient toujours de grignoter des records. Ils essaient d’avancer de manière logique, ils répondent généralement présent/sont rarement à la ramasse et ne se cherchent pas d’excuses pour expliquer leurs contre-performances ou erreurs.

De par leur caractère, ils passent souvent inaperçus à l’entraînement. Le coach doit déclencher une conversation avec ces derniers s’il veut des retours sur les ressentis, la fatigue ou sur l’évolution de la prog’ de manière générale. Le coach peut vite avoir l’impression que ces athlètes n’écoutent pas ce qu’il dit car ils ne verbalisent pas leurs pensées. Pourtant, ces athlètes prennent en compte les conseils et essaient de les implémenter dans leur pratique pour devenir le meilleur possible.

Dans les phases de changement de programmation/d’exposition à de nouveaux formats, ces athlètes se plaindront vite d’une grosse fatigue et pourtant arriveront quand même à relativement bien performer comparé à leurs records.

Pour de tels athlètes, il est intéressant que le coach suggère à l’athlète l’état d’esprit à adopter en fonction des entraînements : agressifs, détendus, comment gérer la fatigue etc …

Si, en général, ces athlètes performent bien, que ce soit après un jour à haute intensité ou un jour à haut volume, chaque athlète à ses préférences. Cernez après quel type d’entraînements vous, ou votre athlète dans le cas des coachs, performez le mieux ; après du volume ou après de l’intensité ?

 

L’athlète fragile selon Dane Miller

 

L’Américain parle ici des athlètes dont les performances à l’entraînement seront très variables en fonction de leurs humeurs/de leur moral. Un jour, ils sont hyper motivés, prêt à relever tous les défis qui se présentent à eux, le lendemain, ils s’effondrent complètement mentalement et physiquement. Leurs programmations sont rythmées par des hauts et des bas permanents, pour certains cela varie de jour en jour et pour d’autres, c’est sur des périodes plus longues.

Ces athlètes postent souvent sur les réseaux sociaux les raisons de leurs souffrances, souvent en pensant être les seuls à devoir affronter cela quotidiennement.

Ils sont tout de même de bons compétiteurs, car ils veulent prouver leur valeur ce qui s’avère être un réel avantage pour ces athlètes.

S’ils donnent souvent un peu mal à la tête à leur coach au départ, une fois leur comportement cerné, il est généralement possible de pouvoir prévoir et comprendre les hauts et les bas de l’athlète et donc de les manager.

Dane Miller nous explique que, d’après ses recherches, souvent ces athlètes sont enfant unique et ont été chouchouté par leurs parents, ce qui a mené à une très mauvaise gestion du stress et de la vision que les autres portent sur eux.

D’après lui, une autre raison possible du développement de ce trait de caractère est un événement tragique durant l’enfance d’un athlète. Il peut s’agir d’une maladie (obésité/anorexie, cancer…) ou même d’un comportement abusif d’un membre de la famille (harcèlement, abus, viol…). Ce sont des facettes à prendre en compte lors de l’accompagnement d’un athlète. Lorsqu’on est au courant bien évidemment.

Ce sont des athlètes qui ont tendance à surcharger quand ils sont en forme et donc à en c***r les jours ou semaines qui suivent. Il ne sert à rien de les challenger mentalement, l’entraînement s’occupe de cela à la place du coach. Ce dernier devra plutôt tenir le rôle de cheerleader, car les pressions négatives ne marchent pas du tout sur ces athlètes.

Ils apprécieront souvent les mouvements de force qui sont relativement simples à exécuter et permettent donc d’éviter la charge mentale qu’est le stress lors des séries à des pourcentages normaux.

Il faudra que le coach essaie de guider la vie sociale de l’athlète avant les grandes échéances pour qu’il puisse rester concentré et ne pas avoir de mauvaises ondes aux alentours de la compétition.

 

La tête brûlée selon Dane Miller

 

Ici, l’headcoach de garage strength évoque des personnalités fières et expressives. Ce sont des athlètes qui aiment la compétition et se donnent à chaque entraînement. Ils aiment qu’on les entende. Ils aiment se plaindre d’être fatigués et quand même se donner à fond.

Ils ont également tendance à s’énerver quand ils ratent des répétitions ou qu’ils sont en difficulté. Ils sont également de bons compétiteurs, mais il leur arrive de complètement craquer sous la pression et donc de faire une compétition minable.

Ce sont des athlètes qui réagissent bien à l’intensité comme au volume. Ils peuvent être vraiment géniaux à coacher et montrer des résultats hors du commun. L’Américain explique qu’il apprécie pousser ce genre d’athlètes jusqu’à leurs limites, jusqu’à ce qu’ils explosent en vol. Il fait cela lorsqu’il commence avec un tel athlète afin d’appréhender le volume et l’intensité qu’il est capable d’encaisser mais aussi pour apprendre à connaître l’état d’esprit de ce dernier quand il est en difficulté.

En tant que coach, il faudra motiver ces athlètes à adopter un bon état d’esprit, une diète, un bon rythme de sommeil et de récupération pour surmonter les phases difficiles de l’entraînement. Ces derniers doivent en général se concentrer plus sur la progression technique que physique, leur état d’esprit créant généralement des athlètes forts et moyennement efficaces.

 

À prendre en considération

 

Ces trois types d’athlètes réagiront différemment face aux différentes phases d’entraînement. S’il y a des tendances dans les comportements que nous pouvons rassembler en trois profils généraux, chaque athlète est une individualité et répondra différemment aux sollicitations qui leur seront faites en fonction de leur passé, de leurs capacités physiques et mentales. Si nous pouvons généraliser certains comportements, c’est car il y a une corrélation directe entre les capacités physiques et la réaction mentale face à l’entraînement d’un athlète. Et il arrive donc souvent que les mêmes causes aient les mêmes effets.

Mais comprenez bien qu’avec cet article, nous ne vous demandons pas de travailler uniquement à l’aide de généralités et de classer tous les athlètes dans des cases.

Certains profils colleront parfaitement à un des trois types d’athlètes. D’autres seront un mélange de deux ou trois d’entre eux. Personnellement, je ne me reconnais réellement dans aucune d’entre elles et un peu dans toutes. Dans certains aspects de mon entraînement, je fais partie des zen, dans d’autres, des têtes brûlées et parfois également des fragiles.

Clément SEMIROT

athlète à

POWERCAMP

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